Ma première récolte sur le net…

Ce que je vais vous raconter est une histoire totalement vraie.
Je n’ai rien inventé, rien édulcoré, je vous livre mes souvenirs tels quels.

Quand j’étais petit, les dictionnaires et gros livres de la maison étaient remplis de trèfles à 4 feuilles.

Superstition ? Porte bonheur ? Manie de collectionneur ? Pas du tout.
Tout simplement, ma mère a une faculté peu commune.

Depuis toute petite, elle voit ce que le commun des mortels ne perçoit pas.

Nous habitions à l’époque à la campagne, au milieu des champs, et cela ne faisait pas un pli: lors d’une sortie, d’une promenade dans les chemins, tout à coup ma mère s’arrêtait « Oh ! », et se penchait dans la foulée.

Elle pouvait être en train de regarder ailleurs, de discuter, mais son regard était alors irrésistiblement attiré et « Oh ! »…
Elle se penche et ramène invariablement un trèfle à 4 feuilles.

La première fois, on se dit qu’elle a du pot.

La seconde fois, on se met à 4 pattes, ça doit être un nid de trèfles mutants, on cherche, on retourne, on passe 5 minutes à 4 pattes…
et niet, rien à faire, les enfants tournent et retournent les trèfles, comptent les feuilles… 3, désespérément 3…
« Ah, ne bougez plus ! » et hop, elle se penche et en cueille un deuxième.

Mais ! ? Tu le vois pas ?
Et pour elle, c’est évident. Sans avoir besoin de compter, de détailler chaque trèfle: le pauvre petit trèfle à 4 feuilles bien planqué parmi les autres n’échappe jamais à son regard.

« Mais c’est facile, on voit bien qu’il est pas comme les autres, ça saute aux yeux ! »
Ben… oui… sans doute, mais pas pour tout le monde, Maman…

Avec le temps, et les livres bien remplis, les cueillettes se sont espacées.
Les trèfles à 4 feuilles, ça ne nourrit pas sa famille, on va les laisser pousser tranquille.

Mais quel est donc le rapport, me direz-vous, avec ma première récolte, mes premiers euros vraiment gagnés sur le net ?

Le parallèle est pour moi frappant. Dans la jungle des sites internet, certains ne sont « pas comme les autres ».
Il ne sont pas forcément plus vert, pas plus grands, pas plus visibles, mais ils ont un petit « truc » qui les différentie.
Pour un site donné, c’est pareil. Toutes les pages peuvent sembler plus ou moins identiques, mais l’une d’elle, parfois, va « pousser » différemment, elle aura 4 feuilles au lieu de 3, et c’est ça qui va faire toute la différence.

La différence, c’est que le site ou la page à 4 feuilles, va attirer des visiteurs et surtout, va convertir.

Tout l’enjeu, c’est de se donner les moyens d’identifier ces sites à 4 feuilles.
C’est comme pour les trèfles: on peut tomber dessus par hasard, on peut chercher dans un parterre un par un, ou on peut avoir le regard magique de ma mère…

Quand j’ai débuté sur internet, vers 1997, je construisais des sites (pour moi comme pour mes clients) et je cherchais en premier lieu à attirer des visiteurs, supposant que je pourrais toujours monétiser une audience plutôt ciblée.
C’était le début de l’affiliation, et je cherchais plus à vendre des espaces publicitaires en direct.

J’avais un site grand public, plutôt généraliste, avec des milliers de pages de contenu éditorial, recettes, bases de données, annuaires, annonces, contenu généré par les utilisateurs…
Les revenus étaient très pauvres, surtout en regard du travail fourni.
Parmi les milliers de pages du site, entre les programmes de cinéma et les recettes de cuisine, se trouvait, presque par hasard, une page « Thème astral ».
Elle utilisait un widget gratuit et n’attirait pas spécialement le regard: perdue au milieu des autres, pas spécialement mise en valeur dans le menu…
Un trèfle à 4 feuilles qui s’ignore, perdu au milieu des autres.

Puis un jour, une personne qui a un site d’astrologie me fait remarquer que cette page ne ressort pas trop mal sur les résultats des moteurs de recherche (J’ai toujours été bon sur le sujet), et me demande si je serais d’accord pour y placer un thème astral en affiliation.
Pourquoi pas ? je n’ai rien à perdre… Je négocie pour l’avoir en marque blanche (je n’ai jamais aimé « donner » mes visiteurs à d’autres sans garantie) et l’installe sur mon site.

J’oublie aussi vite cette page, et ce n’est que quand je me connecte à mon compte allop*** (ça marchait bien, à l’époque. maintenant c’est bien différent) que j’ouvre de grands yeux. Ouh làlà !
Au bout du premier mois, avec 50% de commission, j’ai gagné quelques centaines d’euros sans rien faire, juste en collant un bout de code html…

Ce sont ces gains, que je considère comme ma première « récolte » sur internet: Un revenu 100% en ligne, sans produit physique, sans stock, sans client à démarcher,
sans travail régulier: un vrai revenu passif, totalement en ligne.

Par hasard, on venait de me montrer du doigt une page « à quatre feuilles » et je l’ai délicatement transplantée.

Je ne vais pas m’étendre sur la suite: la page à grossi, je l’ai arrosée, j’ai apporté de l’engrais, elle a continué de pousser;
J’ai remplacé partiellement puis totalement le service en marque blanche par mon propre service, et j’ai développé des sites sur le sujet et travaillé leur seo.
Ca a bien marché pendant quelques années, avec de bons mois à plusieurs milliers d’euros de revenus passifs.
Puis la concurrence s’est durcie, de gros acteurs sont arrivés sur le marché, et le tout a implosé.
D’un marché de niche accessible, on est arrivé dans un secteur concurrentiel avec de gros sous à la clé, et un débutant n’a aujourd’hui aucune chance de gagner quelque chose sur la thématique. Ce n’est pas grave, l’objet de mon histoire n’est pas là.

Ce que j’ai retenu de cette expérience, c’est qu’une page ou qu’un site qui ne paye pas de mine, peut être un trèfle à 4 feuilles bien caché.
Et si on l’identifie comme tel, on peut en tirer des revenus substantiels.
Je me suis donc mis à chercher ces trèfles. En mesurant d’avantage les positions sur les moteurs, les visites.
En testant des affiliations, pour retenir celles qui marchent et pourquoi.
En développant mes propres produits quand une affiliation marche vraiment bien.
En creusant là où ça semble prometteur.

Avec le temps, j’ai appris à reconnaitre plus rapidement un trèfle à 4 feuilles potentiel.
Oh, pas à coup sur, comme le fait ma mère… mais j’ai des sortes d’intuitions qui me font chercher dans telle ou telle direction.
Parfois je me plante, parfois je ne creuse pas assez profond, parfois je trouve des trèfles à 4 feuilles déjà fanés, trop exploités.

L’un dans l’autre, j’ai ainsi navigué en m’adaptant, chaque trèfle qui fane étant remplacé par un autre, plus jeune.

J’espère que cette histoire saura vous guider si vous cherchez à gagner vos premiers euros en ligne. Pensez à mesurer, à tester, observez !
Ne vous limitez pas à un seul site, à un seul mot clé, à un seul thème: variez au maximum: plus vous aurez de données, plus vous aurez de trèfles, et plus vous avez de chance de trouver LE trèfle à 4 feuilles qui peut finalement vous faire vivre.

Sylvain D.

A propos de l’auteur: Sylvain est un développeur, attiré par le web et les techniques et outils d’optimisation pour les moteurs de recherche. Il tient un blog dédié principalement à WordPress, Blog Expert ainsi que des sites dédiés au SEO. Son dernier « bébé » est xSpin, un synthétiseur de texte polymorphe.

9 réflexions au sujet de « Ma première récolte sur le net… »

    1. Je le lui dirais, elle sera contente de savoir qu’elle n’est pas « un cas » unique 😀

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  1. Bonjour Sylvain,

    bravo pour l’article. Je trouve l’image du trèfle à 4 feuilles très parlante.

    De plus, c’est amusant de voir comment des personnes qui croisent notre chemin ont commencé.

    bonne continuation.

    Je te souhaite de devenir aussi doué que ta maman pour découvrir des trèfles sur la toile 🙂

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  2. Je laisse rarement des commentaires, surtout quand il s’agit de parlé de moi.. Ton histoire est attachante. Il m’est arrivé le même genre d’histoire que toi, j’ai toujours été actif en ligne de toute « sorte » de manière.. une perseverance passionnée.. j’ai monté un site un jour, scripté en 20mins, pour mes besoins perso et car je trouvait ça utile.. j’ai « oublié » le site pendant 2 mois pour ensuite découvrir que j’étais sur une énorme niche dont le train n’avait pas encore démarré, ce site m’a fait vivre pendant des années avec des revenues substantiels, un sacré trèfle. Des multinationales exploitent le filon désormais, mais le train est déjà passé.

    Voila je voulait juste faire un petit parallel, je t’encourage à écrire d’autres articles, j’ai bookmarké ton site et y reviendrai. 🙂

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    1. Merci pour le retour !

      Tu as pu « cloner » le trèfle depuis ? dégager des indicateurs, une méthode; développer ton instinct pour en dénicher d’autres, ou ça reste « le coup de chance » ?

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      1. Pas cloner, mais disons que j’en ai trouvé d’autres, de teintes différentes. Comme indicateurs, j’en ai plus identifier des négatifs (c.a.d choses à ne pas faire) que positifs, comme par exemple quand tlm parle d’un trèfle en particulier et pire si certains explique comment le cueillir, c’est un très mauvais indicateur. Au contraire si personne n’en parle et donne l’impression de retenir l’info, c’en est une bonne. J’ai pas vraiment de methode j’ai juste appris qu’il faut aller dans le sens des gens, et pas imposer sa vision (chose que j’avais tendance à faire) des choses, que dans ce domaine plein d’incertitude il faut tester soi-même -> mesurer -> apprendre, et aussi que le plus grand capital d’un projet en ligne est le « validated learning » 🙂

        Si tu l’a pas déjà lu je te conseil vivement le livre d’Eric Ries qui m’aurait fait gagné un max de temps si il avait été publié avant, énormément de choses que j’ai appris sur le terrain sont dans ce livre.

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